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La cigogne Porrentruy - une vie bien remplie

La Cigogne blanche « Porrentruy » ne donne plus de signe de vie

 

Née dans le canton du Jura, à Porrentruy, dans le secteur de « Sur Entier », au printemps 2017, cette cigogne est devenue célèbre au fur et à mesure des années. Grâce à une balise, fixée sur son dos, elle aura contribué à mieux faire connaître les voies de migration de cette espèce à travers l’Europe.

Une vie bien remplie


Partie de Porrentruy en août 2017, elle était descendue la vallée du Rhône, avait suivi la côte méditerranéenne jusqu’au sud de l’Espagne, puis elle s’était rendue au Portugal où elle avait séjourné deux ans. 

A l’âge de 3 ans, elle était montée tout en haut de la péninsule ibérique, avait longé la côte jusqu’à la frontière française et était allée nicher en baie de Somme.

Sa nidification ayant échouée, elle était partie vers le nord de l’Europe, en suivant la côte atlantique et avait volé jusque dans le nord de l’Allemagne. 

Au cours de la migration postnuptiale 2020, elle était redescendue vers le sud-ouest pour aller hiverner dans la région de Madrid, aux alentours de la décharge de Pinto.

En 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025, elle aura fait des allers-retours entre sa zone de nidification à Heinbockel, (Basse Saxe) Allemagne, à l’ouest de ville de Hambourg, et les grandes décharges de Madrid, toujours en empruntant la voie atlantique et en dédaignant la voie de migration rhodanienne qu’emprunte la plupart des cigognes suisses. 

Des données scientifiques majeures


Grâce aux signaux transmis par sa balise, la Cigogne blanche « Porrentruy » aura permis de collecter des données très importantes sur ses voies de migration, sur ses lieux d’escales et sur les distances journalières qu’elle pouvait parcourir. Par exemple, lors de sa migration prénuptiale 2022, on a pu établir que le 13 février, grâce à des vents soufflant vers le nord-est, elle avait parcouru près de 550 km en un jour. Encore plus spectaculaire, le 18 février de la même année, la tempête EUNICE a touché le nord-est de la France et s’est déplacée vers la Belgique, la Hollande et le nord de l’Allemagne. Profitant des forts vents qui soufflaient en direction du nord-est, avec des pointes de 110 à 120 km par heure, « Porrentruy » a battu son record de distance parcourue en un jour de vol pour l’amener à 780 km !

Elle nous aura aussi montré qu’à plusieurs reprises, en automne ou au printemps, elle était capable de traverser les Pyrénées en une traite et qu’elle savait choisir ses perchoirs nocturnes en évitant les électrocutions. 

Un destin malheureux


À l’âge de 8 ans, la Cigogne « Porrentruy » qui a élevé une dizaine de jeunes en 5 ans avait encore quelques belles années devant elle. Malheureusement, sa vie semble s’être arrêtée, probablement suite à une contamination par la grippe aviaire qui a conduit de très nombreuses cigognes au trépas dans la zone des décharges de Madrid en automne-hiver 2025.

 

Michel Juillard

 

Ci-dessous : 

« Porrentruy » sur son nid à Heinbockel, commune de Hagenah, en Basse-Saxe (Allemagne). © Michel Juillard